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Nichoirs à rapaces en centre-ville (faucons pèlerin et crécerelle)

Nichoirs à rapaces en centre-ville (faucons pèlerin et crécerelle)

Pourquoi installer des nichoirs à rapaces dans le centre-ville ?

Comme dans de nombreuses villes wallonnes, on peut observer sur les toits de Gembloux de nombreux pigeons qui ont élu domicile dans le centre-ville. Si l’on peut apprécier le vol agile de l’oiseau à la grise robe, celui-ci occasionne par ailleurs différentes nuisances, notamment par les salissures qu’il lâche au pied des façades. A Gembloux, ce sont plus de 300 pigeons qui sont dénombrés, lorsqu’ils se serrent les plumes, par temps froid, sur le faîte du toit de l’église abbatiale (comptage hiver 2017).

Pour tenter de réguler la population de pigeons, la Ville de Gembloux a installé, en 2016, un nichoir à faucons crécerelle sur le toit de l’église. Depuis lors, un couple de faucons crécerelle est régulièrement observé tournoyant au-dessus du centre-ville et y assurant un efficace travail d’effarouchement des pigeons. Mais les pigeons finissent par s’accommoder de ce chasseur en vol stationnaire au-dessus de leur tête, qui fond plus volontiers sur de petits rongeurs que sur les grises colombes.

En février 2019, à la faveur de belles journées ensoleillées dignes d’un printemps précoce, un faucon pèlerin est observé, à plusieurs reprises, se reposant sur la flèche du Beffroi. Plus gros que son cousin le crécerelle, le pèlerin inscrit plus volontiers, à son menu d’oiseaux de proie, quelques pigeons grassouillets. Le vorace est d’ailleurs pris en flagrant délit de ripaille, transportant un pigeon qu’il venait d’assommer en plein vol, et le trainant péniblement au sommet du clocher du Beffroi pour le becqueter.

Sollicité par le service Environnement de la Ville, un spécialiste « rapaces » de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique vient évaluer la situation. Les quelques photos prises de l’animal figurent bien un faucon pèlerin et les fientes qui immaculent le sommet du Beffroi sont caractéristiques du rapace au régime carné. Une visite de la flèche du Beffroi s’organise, qui prend des allures d’expédition au vu de l’enchainement d’escaliers, d’échelles de meunier ou de doubles échelles jetées d’une poutre à l’autre dans le ventre du géant de 30 mètres. Sous le bulbe, une plateforme extérieure de +- 2 m de diamètre constitue l’endroit idéal pour poser un nichoir pour le faucon pèlerin. Des restes de repas y sont d’ailleurs observés : plumes, pattes de pigeons, de corneilles, pelottes de réjection, …

Le projet de pose d’un nichoir se concrétise, entériné par une décision du Collège communal du 14 mars 2019, poursuivant différents objectifs :

- création d'un site de nidification favorisant le rapace qui était encore menacé il y a quelques décennies en Belgique (perte d'habitats et contaminations au DDT) ;

- sédentarisation du rapace pour tenter de réguler la population de pigeons en centre-ville d’une manière naturelle, découlant en une amélioration de la propreté des rues du centre ;

- développement d'un projet 'Nature en ville' susceptible d'intéresser grands et petits (écoles ?) ;

- regain d'intérêt pour le patrimoine bâti du centre.

 

Le Nichoir à faucon pèlerin

A l’état naturel, le faucon pèlerin niche sur des corniches perchées dans de hautes falaises. L’Oiseau ne construit pas de nid mais façonne quelques cuvettes dans les gravillons et matériaux en place pour y déposer ses œufs.

Le nichoir installé dans le beffroi de Gembloux consiste en un simple bac en métal rempli de gravillons, à l’instar d’une grande litière pour chat. Le bac fait 50 x 70 cm avec un rebord de +- 15cm. Ce dernier est découpé de manière irrégulière pour ne pas présenter trop de lignes artificielles, le tout étant ébarbé et adouci. Le choix du métal est important car le bac est posé sur une plateforme complètement recouverte de zinc. Afin d’éviter des phénomènes de corrosion entre les métaux (corrosion galvanique), le bac est construit en aluminium plutôt qu’en inox. Il est de plus isolé du bardage zinc par des patins en plastique pour éviter tout dommage au bâti. L’intérieur du bac est garni d’un paillasson en poils de coco que l’on recouvre sur toute la surface d’une généreuse couche de petits gravillons roulés (utilisés en aquariophilie). Le nichoir est sécurisé par un câble qui ceinture la poutre verticale de la charpente (poinçon), bien que de toute façon lesté par son poids (24 kg au total). L’ensemble est abrité de la pluie de par sa position sous le bulbe du Beffroi, le bac est néanmoins décentré vers le Sud-Est pour concilier la protection aux vents dominants et l’ensoleillement.

La pose du nichoir à faucon pèlerin sur le Beffroi a lieu le mercredi 27 mars 2019 matin. A l’aide de cordes, tout le matériel est hissé de poutre en poutre au cœur de la charpente jusqu’à la plateforme sommitale extérieure : le nichoir (4kg), 2 sacs de gravillons de 10 kg, un paillasson en coco, le matériel de fixation.

Un couple de pèlerins s’installe immédiatement dans le nichoir à peine installé, mais ils sont encore trop jeunes que pour avoir progéniture. Une première nichée de deux fauconneaux a lieu au printemps suivant, en 2020, mais passe totalement inaperçue, occultée par une pandémie qui focalise tous les esprits. Les deux jeunes, un mâle et une femelle, sont néanmoins bagués par un spécialiste rapaces de l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique pour bénéficier d'un suivi scientifique. En 2021, une nouvelle nichée a lieu, 3 jeunes fauconneaux, toutes des femelles. Elles sont également baguées et l'opération est couverte par un reportage de la télévision locale Canalzoom : vers le reportage de Canalzoom (lien extérieur).

Nichée 2021 - 3 fauconneaux femelle

Baguage 2021

Le baguage des rapaces permet de surveiller l'état de santé des populations, leur dynamique de croissance partant d'une situation où l'espèce était en fort déclin dans les années 60. Ceci permet également de connaitre le parcours d'un individu au fil de ses observations. L'on sait ainsi que le mâle ayant progéniture en 2021, bagué A/X, est né en 2014 en haut d'une tour de refroidissement d'une centrale électrique près de Zelzate, au sein d'une nichée de 4 fauconneaux. La femelle-parent de 2021 à Gembloux n'a par contre pas de bague.

Ces deux nidifications confortent l'idée et le souhait de la Ville d'installer dans le futur une caméra pour suivre les prochains pouponnages au nid. Un support caméra est déjà fixé sur le nichoir depuis sa pose (tige métallique qui s’en écarte de biais). Les installations électriques du carillon serviront de précieux relais pour alimenter le tout.

Le Nichoir à faucon crécerelle (supprimé en 2020)

A l’état naturel, le faucon crécerelle ne construit pas de nid. Il investit d’anciens nids de corvidés ou les anfractuosités d’un vieil arbre à cavités ou d’une falaise.

Le nichoir, installé le 13 mai 2016 sur les toits de l’église de Gembloux, consistait en une boite en bois, fixée à un ventail de toiture, au niveau de la nef centrale, côté Sud-Est. Le nichoir était fixé à l’extérieur de la porte en bois si bien que l’on y accédait tout simplement en ouvrant la porte de l’intérieur, le nichoir pivotant alors vers les combles. La boite faisait 60 cm de large sur 50 cm de profondeur sur 50 cm de haut. La façade avant était fermée sur le tiers gauche pour recréer la cavité qu’affectionne l’oiseau. Le fond de la boite était tapissé d’un paillasson en poils de coco recouvert sur toute la surface d’une fine couche de petits gravillons roulés (utilisés en aquariophilie).

Le faucon crécerelle n'y a jamais niché, trouvant d'autres cuvettes plus appropriées du côté du parc d'Agro Bio-Tech juste de l'autre côté de l'église. Construit en panneaux multiplex, le nichoir a mal résité aux assauts du temps et a été enlevé au printemps 2020.

Textes et photos : Service Environnement de la Ville de Gembloux - Julien Legrand - mai 2021.