Projet "Réparer la ville"
Sur le parcours d'art urbain "Encre noire dore les murs", le Collectif "Oser, se poser, s'exposer" a réparé symboliquement un mur fissuré révélant sa fragilité par la dorure.Cette fissure n'est pas un défaut. C'est une révélation.
Lorsque nous l'avons découverte, elle était pleine de canettes écrasées, enfoncées là presque par hasard. Des restes de consommation, des déchets oubliés. Elle fut néanmoins le déclencheur de notre création. Inspirée du Kintsugi, l'art japonais qui répare les fractures en les rendant visibles et précieuses, cette intervention propose un geste de réparation symbolique : transformer ce que l'on jette, ce que l'on veut cacher, en matière à regarder.
La fissure a été vidée puis remplie à nouveau de déchets... mais dorés à la feuille. Un contraste volontaire pour interroger notre rapport à la consommation, au gaspillage, à la valeur, à l'heure où nous ne savons plus quoi faire de ce qui reste.
Choisie et investie par un groupe de citoyennes de l'Atelier Sorcier, cette fissure devient métaphore :
réparer sans effacer,
sublimer sans nier,
prendre soin de ce qui est déjà là.
Ici, c'est la ville — et sans doute notre société — que l'on tente de réparer symboliquement. Il s'agit d'un projet de l'Atelier Sorcier CEC en partenariat avec Article27 Brabant Wallon et les CPAS de Gembloux et de Chastre.