Nichoirs à Chouette chevêche à Grand-Leez
Dix jeunes chouettes chevêches relâchées à Grand-Leez
Mercredi dernier, dix jeunes chouettes chevêches ont retrouvé la liberté à Grand-Leez. Issues de plusieurs nichées, elles avaient été recueillies et soignées pendant plusieurs semaines au centre de revalidation de la faune d’Andenne. Une fois en pleine forme, elles ont été installées par deux dans cinq des treize nichoirs déjà placés dans le village par les bénévoles de l’opération « Retour de la chouette chevêche à Grand-Leez ».
Conformément à la législation, chacune des chouettes a été baguée par un collaborateur de l’Institut des Sciences naturelles. Ce suivi scientifique permettra de mieux comprendre leurs déplacements, leur migration et leur espérance de vie.
Rapace emblématique de nos campagnes, la chouette chevêche est plutôt diurne et atteint déjà sa taille adulte lors de son relâcher. L’espoir des bénévoles est de la voir s’installer durablement dans le village et, d’ici quelques mois, y former ses propres nichées, comme c’est déjà le cas dans plusieurs localités voisines.
Pour favoriser son retour, plusieurs gestes simples sont recommandés : préserver les vieux arbres, les vergers et les cavités dans les murs, limiter l’usage de pesticides et protéger les points d’eau où l’oiseau pourrait se noyer. Les habitants sont également invités à la vigilance au printemps, lorsque les jeunes quittent le nid. Durant deux ou trois jours, incapables de voler, ils sont particulièrement vulnérables : il ne faut pas les ramasser mais bien les protéger, par exemple en disposant des branches pour les mettre à l’abri des prédateurs et des animaux domestiques.
Avec ce nouveau lâcher, les bénévoles espèrent voir naître, dès le printemps 2026, un petit groupe nicheur à Grand-Leez. Reste à souhaiter que l’automne et l’hiver à venir leur soient favorables.
Hiver 2022/2023
Pendant l'hiver 2022/2023 et encore pendant l'automne 2023, 14 nichoirs à chouettes chevêches ont été installés à Grand-Leez par un groupe de bénévoles proches d'Espace Grand-Leez Nature (EGL Nature). Ces nichoirs ont pour objectif de contribuer au grand retour de la chevêche d'Athena (nouvelle appellation scientifique de la Chouette Chevêche), quasiment disparue du village. Spécialement adaptés à ce petit rapace à la fois nocturne et diurne, les nichoirs ont été fabriqués par l'Entreprise de Travail Adapté Handipar à Suarlée. Leur conception s'est inspirée d'expériences similaires menées avec succès à Malonne, notamment.
La chouette d'Athena se porte mal en Wallonie, souffrant d'une évolution défavorable du bâti (de moins en moins de cavités disponibles pour cette espèce cavernicole aimant aussi les ruines), d'une agriculture intensive faisant la part belle aux pesticides, de la diminution des prairies au profit des champs labourés, de la multiplication des animaux domestiques (les jeunes chouettes sont très vulnérables pendant leurs 2 ou 3 premiers jours hors du nid). Elle apprécie particulièrement les gazons et prairies coupés court, broutés dès le printemps par moutons, chevaux, bovins, etc. C'est là qu'elle se nourrit, notamment, de micromammifères et de limaces qu'elle contribue à limiter. Outre ces précieux services écologiques, elle est aussi d'une drôlerie singulière lorsque, inquiète, elle regarde l'intrus.e de ses gros yeux jaunes et noirs en agitant nerveusement la tête.
A l'exception de sa cousine la Chouette chevêchette, rarissime, la Chevêche d'Athena est le plus petit rapace (partiellement) diurne de nos régions.Les bénévoles du projet en cours à Grand Leez (soutenu par la commune de Gembloux à travers son PCDN et le programme wallon BiodiverCité) espèrent vivement que le printemps 2024 marquera le grand retour de cette boule de plumes sympathique dans les vergers, jardins, haies et bosquets du village.
L'une des dernières chouettes chevêches connues à GL a été tuée par un véhicule à proximité du moulin Defrenne en 2021. L'animal est présent en petites quantités dans tous les villages environnants: Liernu, Sauvenière, Lonzée et au-delà. Conçus pour durer, les nichoirs ont été systématiquement installés dans ou à proximité des derniers espaces pâturés de Grand Leez. Une fois la première nichée enregistrée (l'espoir porte sur avril/mai 2024), le projet à moyen terme, soutenu par Biodivercité, consiste à placer une caméra dans un des 14 nichoirs afin de suivre l'évolution de la famille et la partager au plus grand nombre via les canaux digitaux.
Un immense merci aux bénévoles et aux propriétaires ayant accepté ces nichoirs chez eux ! Toute collaboration est bienvenue et peut être signalée au Service Environnement de la Ville de Gembloux au 081 626 340.